Antonietta et Francesco, membres de Communion et Libération habitant à Manille, racontent comment leur amitié avec le Point-Coeur a transformé et éduqué leur manière d’être et celle de leurs enfants avec les plus pauvres.

Extrait d’un article paru dans Traces : http://www.tracce.it/default.asp?id=302&id_n=44541 (pour l’intégralité de l’article en italien)

Depuis quinze ans, Antonietta se déplace pour suivre son mari Francesco qui travaille pour une multinationale des télécommunications. Ils ont vécu à Rio de Janeiro, Shanghai, Séoul, Kuala Lumpur et maintenant Manille depuis 2011, et  petit à petit la famille a grandi. Aujourd’hui, ils ont six enfants.

Dans la video aniversaire des 60 ans, on voit toute la famille  partir un dimanche en voiture dans un quartier pauvre. Ils vivent de l’autre côté de la ville, et doivent la traverser du sud au nord, pour faire la « caritative » dans un bidonville de Navotas City, à proximité de la Smokey Mountain, la montagne fumante de déchets. Il est impossible de savoir combien de personnes y vivent. Les enfants, même les plus petits, aident leurs familles à trier les déchets  toute  la journée pour moins de 50 pesos (90 centimes d’euro), pieds nus et avec des plaies qui ne guérissent pas à cause de la saleté qui colle à la peau.

« Allons y et donnons seulement nos personnes. » , dit Francis qui apprend de plus en plus de l’amitié avec les bénévoles de Points-Coeur. C’est un « mouvement de compassion », fondée en 1990 par le Père Thierry de Roucy : des petites maisons dispersées dans 24 pays, où vivent des jeunes des quatre coins du monde. « Ils apportent dans les lieux les plus durs, leur présence, la présence de Jésus. Aucune prétention pour résoudre des problèmes ou construire des oeuvres.« 

Ils ont connus Points-Coeur par les Serviteurs de la Charité de Don Guanella. De là a grandi une amitié à travers des gestes concrets :  » Par exemple les volontaires de Points-Coeur viennent passer quelques jours avec nous quand ils ont besoin de se reposer. Nous avons commencé à faire l’école de communauté avec les séminaristes de Guanella et tous les bénévoles de Points-Coeur. Ils sont si fidèles. Et nous, nous allons les visiter (au Point-Coeur) pour grandir avec nos enfants dans la foi et l’amitié parce que là nos enfants peuvent en apprendre davantage sur une partie du monde à laquelle ils ne sont pas exposés. « 

La fille aînée, Paola, 14 ans, est déjà passé deux fois au Point-Coeur  pour quelques jours. Elle y a découvert comment les gens vivaient dans des maisons sur pilotis  dans le Fish Port, ou les enfants pris en charge par les sœurs de Mère Teresa. « Elle a vu tant de souffrances, mais quand elle est revenue, ses yeux brillaient. Elle a grandi de deux ans « . Même  chose pour Emmanuel, le segond de 12 ans. Il a vécu trois jours avec les volontaires. « Il y est parti comme pour une « punition » et il est revenu plein de joie. » Francesco, quand la famille part en Italie, y passe aussi : «La première chose qui m’a impressionné est la quantité d’enfants. Un grand nombre d’enfants. J’ai  commençé à reconnaître les visages derrière les noms dont mes enfants me parlaient toujours « . Rencontres qui  l’éduquent, même à travers le silence des regards et des gestes, parce que les gens ne parlent que tagalog.

Francesco est allé visité la prison, de la ville de Navotas City, pour rencontrer Julius, un ami du Point-Coeur, en prison depuis dix ans sans un jugement définitif. Il l’a rejoint pendant le temps de la visite dans une cour de 100 mètres carrés, où sont trois cents prisonniers. Dans les cellules de 30 mètres carrés, cinquante. Ils ne peuvent même pas tous s’asseoir et se coucher. La plupart de la journée se passe à déchirer les feuilles des annuaires téléphonique, à plier et faire des cadres et autres petits travaux. Le reste du temps – cela va sans dire, ici – c’est le karaoké. Les femmes vont visiter leur mari, se tenant par la main à travers les barreaux. C’est le seul contact physique. « C’est l’endroit le plus proche de l’enfer que je connaisse. Mais quand je suis sorti,  je pensais seulement au regard d’amour des bénévoles « .