Avec beaucoup de profondeur Blandine, depuis un mois au Point-Coeur de Deva, nous partage chaque regard posé ou reçu de ses nouveaux amis.

J’aimerais vous partager ce qui m’a sans doute le plus marqué ces dernières semaines. Depuis toujours, la première chose que je remarque chez une personne que je rencontre, ce sont ses yeux. N’ayant moi-même que des yeux d’une couleur absolument banale, je m’amuse à admirer et à envier ceux des autres. Des yeux bleus, des yeux verts, des yeux gris, des yeux presque transparents, des yeux de plusieurs couleurs etc. Durant ce premier mois en Roumanie, j’ai tout simplement appris qu’au-delà des yeux, il y a des regards. Et qu’il suffit d’un regard pour te faire exister.

Il y a ce regard bienveillant d’un prêtre, dont la douceur et la délicatesse sont presque irréelles ;

Ce regard gratuit d’une petite fille Hongroise ou Tsigane, qui veut simplement tenir ta main et rester près de toi pour se sentir bien ;

Ce regard attristé d’une volontaire qui vit loin de chez elle ;

Ce regard fatigué d’un pédagogue qui donne un an de sa vie pour les enfants qui lui sont confiés ;

Ce regard fier de quatre garçons qui veulent seulement danser et chanter ;

Ce regard presque amoureux d’une jeune femme un peu perdue qui est seulement touchée par le témoignage d’un ancien drogué ;

Ce regard paternel d’un homme qui veut prendre soin de toi comme le faisait ton papa ;

Ce regard si profond et si violent d’un garçon perdu ;

Ce regard d’amour de deux amants qui se disent « oui » après dix ans de cohabitation et trois jolies frimousses ;

Ce regard béat d’un adolescent lorsqu’il danse, chante ou joue d’un instrument ;

Ce regard protecteur d’un jeune frère franciscain qui ne te connaît pas mais te serre dans ses bras pour te témoigner de son affection pour Points-Cœur ;

Ce regard si pétillant d’un petit enfant qui n’existe aux yeux des gens qu’une fois par an ;

Ce regard rempli de larmes d’une personne qui a perdu un être cher ;

Ce regard si doux d’une grand-mère, fatiguée par la vie, mais heureuse de ta présence à ses côtés ;

Ce regard plein de vie d’enfants qui veulent juste jouer avec toi ;

Ce regard attentif et des gestes si humbles de la part de celles qui partageront ta vie pendant quatorze mois ;

Ce regard heureux d’une femme dont la vie est si difficile et si douloureuse mais qui se réjouit que tu sois là ;

Ce regard d’une poignée de secondes, pendant un chant de louange au Seigneur, échangé avec un jeune homme qui sait que ton cœur cherche Dieu ;

Ce regard rassurant d’une famille française qui te permet de retrouver tes repères ;

Ce regard suppliant d’une enfant exténuée qui veut juste le réconfort de tes bras et l’amour que tu peux lui donner ;

Ce regard détruit d’un drogué qui ne veut pas comprendre ce que tu vis ici ;

Ce regard espiègle d’une fillette qui sait te faire tourner en bourrique ;

Ce regard si amical d’une famille tsigane qui affectionne tant les volontaires de Points-Cœur ;

Et derrière tous ces regards, il y a des noms, des personnes qui resteront à jamais gravés dans mon cœur. Parce que ces regards sont vrais, ces regards sont les reflets de l’âme.

Au fond, c’est peut-être ça l’adoration, un regard d’amour sur le Christ.