Virginie qui débute sa mission en Ukraine répond à l’appel d’Oxana une ancienne volontaire. Récit d’une amitié naissante.

Comme disait une de nos « baboussia » (grand-mère ukrainienne), chacun à son histoire mais il faut vivre et remercier le ciel pour ce que nous avons reçu.

Il me semble que le récit d’une de mes dernières rencontres vient à propos. Oksana, ancienne volontaire de Points-Cœur en Inde, avait dormi à la maison. Le matin, elle apprend que sa grand-mère, avec qui elle habite depuis son retour il y a un an, a été hospitalisée suite à des problèmes au cœur. Et voilà qu’elle me demande de passer quelques jours chez elle (dans un village à 1h30 de chez nous). Je pensais qu’elle plaisantait quand elle disait ne pas vouloir être seule là-bas, d’autant plus que nous avions rit la veille à propos d’un éventuel séjour durant lequel elle m’enseignerait la cuisine ukrainienne et indienne. Après consultation de mes sœurs de communauté, je décide de partir avec Oksana. Nous nous arrêtons en chemin pour aller rendre visite à la grand-mère de mon amie, qui m’a littéralement époustouflée par sa joie de nous voir dans un tel lieu de souffrance et en France aussi synonyme de solitude. La voilà qui ragaillardit ses compagnes de chambre, qui nous obligera le lendemain à manger des fruits, des biscuits, du yaourt, parce que nous avons marché 6 km pour retourner la voir. Avec Oksana, nous avons passé le reste du temps à nous enseigner la langue de l’autre, nous raconter quelques unes de nos expériences et aventures. J’ai aussi eu l’occasion d’activer ma créativité lorsqu’elle travaillait car elle est céramiste. Nous avons prit également ensemble des temps de prière. Au fond ce ne sont que des choses très simples, à la portée de tous mais elle m’a remercié à plusieurs reprises d’avoir accepté de venir, de ne pas l’avoir laissée seule dans un tel moment et de prier pour sa famille.

Une telle simplicité peut paraître aberrante à certains et moi-même je me pose la question de mon utilité ici, mais soyez certains qu’une disponibilité totale à l’autre, la capacité d’aller à sa rencontre avec fidélité ou au contraire de tout laisser de côté pour aller le voir, l’écouter, le réconforter, bref de se laisser bousculer, envahir à tout moment, requiert un lâcher-prise sur sa propre vie, sur ses intérêts et ses envies. Cela donne de nouveaux visages à ce mystérieux « prochain » que Jésus nous invite à aimer. Un cœur grand ouvert est, me semble-t-il, notre unique mais indispensable « outil de travail ».