En repensant à cette rencontre m’est venue cette question : « Quelles devraient être mes priorités ? ». Etait-ce ma priorité, ce week-end là, de rechercher cet homme ? N’était-il pas plus urgent de me rendre présente à ceux que je savais chez eux ? Cette interrogation n’est pas secondaire, elle habite mon quotidien. Comme je l’imagine, elle habite aussi votre existence et cette préoccupation ne cessera pas : pour cette année 2015, quelles seront vos priorités ?

De toute part, je suis appelée à me reposer cette question. Pressée par le temps, pressée par l’attente du cœur de tant de personnes, cette question s’impose à moi.

Si de toute part, je suis tentée de faire passer au premier plan mes intérêts propres, ou les plans qui semblent bien fonctionner, les rencontres qui produiront des fruits, la difficulté la plus grande est de savoir accueillir et se rendre aussi présente à l’inattendu, à celui qui surgit au moment où nous ne l’attendions pas. Savoir aussi accueillir avec une infinie patience la rencontre qui ne m’apportera aucun bénéfice, mais qui saura me montrer que l’essentiel est ailleurs et que le seul bien qui me sera donné sera la gratuité de l’amour.

Je crois aussi qu’aucune rencontre n’est faite par hasard. Une amie me disait ces jours-ci, quand je lui confiais la santé de Sednaï, que ce qu’elle trouvait d’incroyable dans notre mission, c’est que nous voulons aller jusqu’au bout, nous ne nous arrêtons pas en chemin, même quand il s’agit d’une personne que nous venons à peine de rencontrer.

Sednaï, si je ne l’ai rencontré que quelques minutes, m’a permis de partager sa condition de vagabond : ballotée d’unités en unités, parfois rabrouée, à la recherche d’un nom, d’un visage, je ne crois pas avoir perdu mon temps. J’ai gagné un ami. Bien plus, en lui donnant la priorité, en le considérant comme plus important que toute autre personne, il a été élevé à la première place… C’est du moins mon espérance !

Anaïs G.