Une belle histoire du Sénégal…

Awa a douze ans et je vous assure, elle a un sacré caractère. Malheureusement, elle souffre d’épilepsie et elle ne prend pas ses médicaments. Par conséquent, elle fait souvent des crises. Elle a deux frères que j’aime beaucoup mais ils sont partis avec le grand-père. Awa habite avec sa maman appelée « Petit » qui vend des poissons dans un coin du quartier, ce qui permet à Awa de jouer avec ses copines dans la rue une grande partie de la journée et une autre grande partie chez nous. Elle ne fait pas du tout attention à son apparence : elle est toujours sale, décoiffée et mal habillée. Il y a un bon moment déjà, Awa a fait une forte crise. Une de mes sœurs a alors couru à son secours. Une fois rétablie, je lui ai proposé une douche. Je lui ai mis ensuite de la crème de karité, un peu de parfum, des habits propres, le tout suivi d’un petit déjeuner. Awa était très heureuse. Ce geste me transforme en sa mère. Aujourd’hui, elle a beaucoup de mères à Points-Cœur.

Ses crises commencent à venir plus régulièrement… hum… est-ce vraiment une crise ou a-t-elle besoin d’une douche, d’un petit déjeuner et de beaucoup d’amour ?

Son coté droit (main et pied) a du mal à répondre mais elle est très intelligente. Aux jeux comme le Jungle Speed, le Uno, ou encore le Memory, elle est la championne et en plus elle a le temps de tricher.

Deux situations me révèlent sa générosité du cœur. Un jour, alors que j’étais en train de faire les comptes de la communauté, elle s’assoit par terre et me questionne. L’heure du déjeuner arrive bientôt et je dis : « J’ai une faim de loup ». Elle me répond : « Mange-moi ! ». Réponse étonnante parce que c’est une des formules de la prière d’engagement comme Permanente que j’ai prononcée « Comme le Pain eucharistique, je désire me donner comme nourriture pour calmer la faim de beaucoup ». Ce n’est pas moi cette fois-là, c’est elle qui se donne et me calme avec sa présence.

Pour une des dernières sorties avec le groupe de I’ISchool, nous sommes partis contempler la statue de la renaissance africaine à Ouakam. Nous avions préparé un bon pique-nique. Ayant fini mon sandwich, ironiquement je dis : « Si quelqu’un ne peut pas finir son sandwich, je peux l’aider… ». Awa se tourne et me donne son sandwich. Quelle générosité !

Serai-je capable de me laisser manger vraiment ? Serai-je capable de me libérer de mon assiette avant d’être rassasiée ?

Dans quelques jours, nous aurons la réponse d’une école spécialisée. Nous attendons qu’Awa commence l’école pour qu’elle ne passe plus son temps dans la rue, pour que sa santé soit meilleure et pour qu’elle grandisse en connaissance.

Je confie Awa Loum à vos prières qui avant était notre « Awa petit », mais un beau jour, avec autorité nous a dit : « Je ne suis pas Awa petit, je suis Awa Loum ! »

Alejandra M.