Le 14 septembre, jour de Notre-Dame-des-Douleurs et fête patronale de Points-Cœur, nous avons fait un pèlerinage à Notre-Dame-de-Compassion.

Une soixantaine d’amis est venue avec nous ce jour là. Rien extérieurement, de très « reluisant » dans ce pèlerinage : une pluie incessante, un froid désagréable, l’obligation de faire tenir dans une petite salle la messe et le pique-nique (initialement prévus dehors), une marche du chapelet réduite au minimum pour ne pas avoir à emprunter les pelouses boueuses… et les immanquables retards dans le programme occasionnés par la météo.

Pendant notre temps de prière au sanctuaire, nous avions bien l’air d’un petit peuple au pied de la croix du Christ, tous debout sous la pluie, priant et déposant l’un après l’autre nos roses à la statue de la Vierge Marie, dans une atmosphère un peu grave.

Mais à ce moment, la ferveur de nos amis m’a bouleversée. Aucun ne s’est plaint, aucun ne s’est laissé agacer, fatiguer ou distraire. Il m’a semblé que tous tenaient ainsi, debout, parce-que c’est l’attitude de chacune de leur journée.

Teresa était debout, malgré ses genoux douloureux, parce-que tous les jours, elle se bat pour que ses filles fassent des études sérieuses et pour assurer la vie de sa famille.

Nieves était debout parce qu’elle doit quotidiennement se soucier de ses neufs enfants, et qu’elle a bravé la mauvaise humeur de son mari pour venir avec nous.

Ray était debout, parce qu’il avait travaillé toute la nuit précédente pour avoir congé, et s’apprêtait à retourner au travail dès son retour à New York, pour la nuit.

Chacun venait offrir en hommage à la Sainte-Vierge l’effort quotidien qu’est leur vie pour «tenir debout » et puiser auprès d’Elle la force d’y être fidèle.

J’ai eu la joie de passer une bonne partie de cette journée avec un des seuls enfants du pèlerinage, nommé Jesus et âgé de douze ans. Il a une pureté et une maturité extraordinaires, dont il est évident qu’elles viennent d’une relation personnelle très profonde avec le Christ, si étonnante chez un garçon de cet âge. Dans le bus du retour, il a pris le micro avec une simplicité incroyable pour dire : « Je remercie la Sainte Vierge parce que nous avons fait bon voyage, et que nous avons pu nous faire de nouveaux amis. Je La remercie surtout parce que je me suis confessé, que je me suis ainsi approché de Jésus et qu’Il m’a donné la paix ». Et sa mère, assise à côté de moi, s’est mise à pleurer.

Cécile – USA