En guise d’épilogue de ces quelques mois, ou mieux, de préambule pour une nouvelle vie, j’aimerais tout simplement vous parler de quelques uns des amis avec qui j’ai eu la chance infinie de vivre des « moments de grâce » durant mon séjour en Argentine.

Il y a Julio, notre ami qui vit sur un tas de détritus à quelques mètres de notre maison : il m’a appris à voir, au-delà des apparences d’une personne diminuée et exclue de la société, un homme au cœur pur et généreux, et à la foi vive, malgré les mille souffrances de sa vie.

Il y a ma grande amie Maria del Carmen, et sa maman Carmen, si chères compagnes de tant et tant de moments partagés, de lutte quotidienne contre le cancer mais aussi de joie, de rires et d’attention portée à chacun des volontaires de notre petite communauté…

Il y a Maria Isabel, maman célibataire du petit Jason, que j’ai retrouvée avec une joie immense un jour à l’hôpital après une année sans se voir, et qui s’occupait si bien de l’ambiance dans la salle commune de l’hôpital et du bien-être de ses camarades hospitalisées, sans songer à sa propre détresse de mère sans ressources…

Il y a Ruben, notre voisin, avec son joyeux « bijour Madmoizelle » du matin à la fenêtre du Point-Cœur, toujours prêt, malgré ses difficultés, à trouver du travail et à faire vivre sa famille, à nous rendre service et à nous offrir un petit récital de tango…

Il y a Vicky, grande amie de toujours, qui nous accueille toujours avec un grand sourire et un bon maté dans son tout petit logement, et qui se préoccupe sans cesse pour ses voisins et sa famille…

Il y a notre cher Coco, dont la présence, les rires et les pas de danse sont une source de joie pour tous à chaque instant !

Il y a nos chères « mamies du Point-Cœur » : Dona Ana et Dona Delfina, au cœur d’or…

Et puis Gladys, « mère universelle », attentive aussi bien à ses sept enfants qu’à chacun des petits délaissés du quartier…

Estela, qui trouve dans la prière le courage de continuer le chemin après la mort violente de deux de ses fils et les problèmes inouïs de sa famille…

Gustavo qui nous donne de si belles leçons de foi et d’espérance, cloué dans son fauteuil roulant en faisant la manche toute la journée devant une église…

Mère Teresa de Calcutta disait : « Les pauvres seront vos maîtres ».

Et bien Julio, et Maria, et Vicky, et tant d’autres avec eux, ont réellement été mes maîtres à cette magnifique école de la vie qu’est Points-Cœur pour moi.

Pour eux, je vous dis merci… et « hasta luego » !

Marie-Aimée — Argentine