Depuis notre arrivée, nous voulions rencontrer la Fraternité Saint-Maximilien-Kolbe au Brésil. Cette fraternité, présente aussi en France et dans d’autres pays, est une branche laïque de l’œuvre Points- Cœur, ouverte à toute personne désirant s’engager au service de l’œuvre et souhaitant vivre du cha- risme de compassion dans la vie quotidienne, au travail, en famille, auprès des personnes qui souf- frent, etc. Les membres se retrouvent plusieurs fois dans l’année : l’occasion de partager les expérien- ces, les difficultés et les joies, de grandir dans la foi par l’amitié, les enseignements, et la prière quoti- dienne du chapelet (qui est un engagement assez exigeant quand on n’est pas soutenu par une communauté !). Certains membres étaient déjà passés à la Fazenda pour diverses occasions sans que nous sachions qui ils étaient. Profitant de la présence de Père Guillaume, l’occasion nous a été donnée lors d’une rencontre « Frat’ » à la Fazenda. Nous avons pu nous présenter, raconter notre parcours avec la « Frat’ » en France, exprimer notre désir de rentrer en amitié avec chacun. Les membres sont peu nombreux (dix ou douze). Le peu de disponibilité, le manque de moyens de locomotion et les distances ne facilitent pas l’organisation des rencontres. Cependant, même si tout le monde ne vient pas à cha- que fois, nous percevons qu’ils sont présents d’une autre manière, en vivant du charisme de compas- sion de façon concrète et cachée. Pour notre plus grande joie, père Guillaume nous a sollicités, en lien avec sœur Bénédicte, pour accompagner la « Frat’ », principalement en cultivant nos relations d’amitié avec chacun. Après avoir bien réfléchi et prié, et à la lumière de notre expérience en France, nous avons pensé que la famille était une dimension importante. Pour cette raison, nous avons commencé à visiter les uns et les autres accompagnés de Daniel et de Diego. En effet, ce sont eux le cœur de la Fa- zenda ! Et c’est aussi bon pour eux de s’ouvrir au monde extérieur et de créer des relations qui les fas- sent grandir. Pour les membres de la « Frat’ », c’est une façon bien concrète de s’enraciner dans l’appartenance à cette famille spirituelle, au-delà de nous qui ne sommes là que pour un an et demi. Lors de ces visites, nous partageons un repas ensemble et bavardons de façon très gratuite. Nous pro- posons aussi de prier avant de reprendre la route. Quand nous sommes arrivés chez Lúcia, elle a éclaté en cris de joie : c’était la première fois que Diego venait chez elle. Le bonheur qu’exprimait tout son être nous a touchés ! Elle était si honorée qu’elle ne savait plus qui embrasser en premier… Elle s’est précipitée pour organiser l’espace, trouver un nombre de chaises suffi- sant, s’excusant de n’avoir pas eu le temps de cuisiner un vrais repas ba- hianais, un repas qui nous a cepen- dant semblé excellent. Au cours de notre visite, nous avons été étonnés par sa capacité d’accueil. Son appar- tement, au cœur d’un quartier de type HLM, reste toujours ouvert, comme un Point-Cœur où des en- fants, des voisins en difficulté, passent dire bonjour, demander un goûter, prendre une douche, rechercher une présence, un regard d’amour.

GJ — Brésil