Deux fois par an au Point-Cœur Sainte-Monique, nous organisons ce que nous appelons « un soirée culturelle » qui nous permet de partager avec nos amis un aspect de la culture du pays et de la culture de compassion qui est notre charisme. Ces évènements nous permettent de nous faire connaître et aussi de financer les différentes activités avec les enfants de Grand Yoff et une partie de notre vie quotidienne.

Voilà deux mois que nous avons commencé à travailler sur un projet que nous présentâmes le 19 juin passé : « La teranga danse ». Grâce à l’imagination de certains dans la communauté et du talent de nos enfants, nous avons fini par nous lancer à la recherche de la culture de différentes ethnies. Grand Yoff est un quartier de la banlieue de Dakar qui accueille une grande quantité de gens qui viennent du pays mais aussi des pays limitrophes, ce qui le rend riche culturellement. Les enfants qui viennent à la maison sont de ces différentes ethnies. Entre autres choses, ces enfants savent très bien danser.

Comment donner forme à cette idée ? « En solitaire » est un film qui raconte le voyage de quelqu’un qui veut gagner un concours. Domitille s’inspira de ce film et écrivit un scenario : « Florence (Domitille) est une jeune femme mariée. Elle participe à une course de bateaux. Cette course sera la réussite de sa vie. Mais le destin va changer le cours de sa vie. En sortant de Marruecos, elle se rend compte qu’il y a dans son voilier un enfant de six ans, caché. De fait, sa mère ayant voulu traverser illégalement la mer pour aller en France avec son enfant, par peur de ne pas réussir à atteindre le Vieux Continent cache Bisinti (Olivier Mendy) dans le bateau de Flo qui se dirige vers l’Afrique du Sud. Bisinti la supplie de l’aider à retrouver son père et sa mère, mais le problème c’est qu’il ne sait pas où se trouve sa maison. Touchée par ce petit garçon et sa recherche de sa famille, Flo abandonne sa course et part à la recherche du village de Bisinti ».

Chaque membre de la communauté prit la responsabilité d’une ethnie. Mercedes se chargea de l’ethnie Toucouleur, de sa culture et sa danse et ainsi de suite : Guillaume se chargea du peuple Wolof, Domitille des Serrer, moi de l’ethnie Diolla, Félicienne (de la Fraternité Saint Maximilien Kolbe) des Balante et Thérèse, puisqu’elle est de Guinée Bissau, se chargea de son propre peuple des Yago.

Pour trouver les informations sur les ethnies, nous allâmes sur internet ou parler directement avec nos amis qui viennent des quatre coins du Sénégal. Les costumes ne sont pas compliqués et même beaucoup s’habillent comme avant et ont des pagnes typiques de leur ethnie chez eux. Et chaque enfant connaît parfaitement la danse de son ethnie.

Entre les répétitions, la recherche de sponsors pour le buffet et toute la logistique, la Providence nous a donné un bon coup de main. Commençons par la famille Pilon qui généreusement mis à notre disposition leur jardin pour l’événement, leur maison pour tout se qui concerne la cuisine, leur temps, les ventes des entrées… quelle disponibilité !

La soirée fut très belle : les enfants sont vraiment des stars ! Tous nos invités furent heureux disant que « La teranga danse » fut très instructive, que les enfants dansent très bien, qu’ils sont magnifiques ! Un ami me dit : « Ce qui est dommage c’est que ça a été trop court : je n’ai pas vu passer les quarante minutes de spectacle ! La prochaine fois, ajoutez les autres ethnies ! » Il y a quarante-cinq ethnies au Sénégal !

La grâce de cet événement, entre autres choses, fut la générosité des gens à vouloir nous aider. Des amis français les plus proches qui nous aidèrent à vendre les places, avec la diffusion, avec la nourriture et la boisson. Les commerçants que nous rencontrâmes avec Domitille au centre ville qui nous aidèrent en nous donnant les jus, du vin, des gâteaux, du pain, des fruits ; les voisins qui nous aidèrent avec la chorégraphie des danses.

Ceci est pour moi le signe que l’être humain est fait pour servir, son cœur attend à être dérangé et s’il ne veut pas être dérangé, il est aidé par l’insistance comme dans l’évangile de la veuve inopportune qui frappe à la porte du Roi jusqu’à ce qu’elle obtienne ce qu’elle demande ! Je crois que l’être humain attend d’être tiré de sa routine. Sinon, pourquoi la famille Pilon n’arrêta pas de nous remercier alors que c’était eux qui nous firent l’immense faveur de nous aider ? Pourquoi les familles françaises proposèrent leur aide avec le vin et les gâteaux ? Pourquoi les commerçants nous donnèrent ce que nous demandions ?

Le cœur attend.

Alejandra — Sénégal