Depuis l’année dernière, nous avons la joie d’accompagner un groupe qui s’appelle CAM (Centre d’Aide à la Femme). Ce groupe, formé essentiellement de mamans de famille, essaye d’accompagner des femmes qui ont une grossesse à risque. Beaucoup d’entre elles avaient pris la décision d’avorter, et en allant à la rencontre de cette association, décident de garder leur enfant. A ce moment-là, commence un chemin incroyable de soutien, des appels téléphoniques, de recherche de médecins, quelquefois d’un lieu pour vivre, d’un travail. Un énorme réseau se met en mouvement pour essayer de répondre aux besoins de cette future maman et de son enfant. Le chemin ne se termine pas au moment de l’accouchement, car d’autres activités sont proposées, comme un atelier pour faire des bonbons en chocolat, l’accompagnement psychologique, etc.

Avec mes sœurs, nous aidons pour donner quelques cours de catéchisme pour celles qui décident de demander le baptême pour leur enfant. Chaque rencontre est une surprise. Les visages de ces femmes sont assez souvent bien marqués, mais elles ont une joie immense devant leur petit bébé qu’elles portent dans leurs bras. Mon pauvre cours de catéchisme est interrompu par les pleurs des petits, par le petit frère qui joue, etc.

Je pense par exemple à l’une d’entre elles, qui à cause d’une phobie sociale, met une bande noire à hauteur de son nez. Tout son corps laisse transparaître une histoire très dure. Malgré cela, elle a dans ses bras son petit, elle le berce avec tendresse, lui donne le sein et me dit : «  Il m’a rendu la vie. »

Sr Laeti — Argentine