Me voilà de retour en France, et il est temps de vous raconter la fin de mon année à Lima, avec mes chers amis. Ces six dernières semaines ont été vécues bien différemment car il m’était difficile de faire abstraction du prochain retour. En même temps, elles ont été pleines de beaux moments, chargées d’émotion, car j’ai beaucoup visité mes amis du quartier avec mes frères et sœurs de communauté. La beauté des amitiés tissées a été comme revalorisée, a pris toute son intensité. Le soleil n’est jamais aussi beau que lorsqu’il se couche, ainsi en va-t-il de ma mission. C’est malheureusement souvent ainsi : nous prenons conscience de la beauté de ce que nous vivons quand cela se termine !

Ah vraiment, on ne quitte pas ses amis comme on change de vêtements, c’est un véritable arrache cœur, bien que vécu dans la lumière de la foi. Donc dans l’espérance de se revoir, si ce n’est sur la terre, au moins dans le sein de Dieu. A quel point on peut s’attacher à des êtres, je l’ai vérifié dans l’avion qui m’éloignait peu à peu de Lima et me ramenait vers Madrid. Alors que je survolais Lima, j’ai récité avec tout mon cœur une prière d’action de grâce à mon Père du ciel, le remerciant pour tout ce qu’il m’avait donné de vivre pendant ces dix petits mois. Et je me suis mis à pleurer à chaudes larmes, comme un enfant. Moi qui avais été si près des enfants pendant plusieurs mois, en arrivant bien peu de fois à capter et imiter leur simplicité, voilà que je me suis retrouvé tout frêle, vulnérable, à nu. Moi qui, pendant tous les derniers jours de « despedida », n’avais pas réussi à pleurer avec mes amis qui pleuraient, voilà que toute ma gratitude et ma joie de les avoir connus se déversaient dans ces larmes. Je ne pensais pas me retrouver dans une telle situation, je pensais revenir froidement vers la réalité qui m’attendait sur l’autre continent. Mais non, ces quelques mois avec Points-Cœur ont fait leur travail dans mon cœur. Ils l’ont rendu plus humain, plus sensible, plus vulnérable, donc plus ouvert à la caresse de l’amour divin, « un cœur de chair » ! Ce n’est pas en vain que l’on apprend la gratuité, la valeur si grande de l’instant présent, la valeur immense de chaque personne qui se trouve devant soi.

Et maintenant que je suis repris dans le tourbillon de la vie quotidienne, ces instants de pure gratuité me reviennent en mémoire et me pressent comme un aiguillon. Salutaire aiguillon, afin que je vive le charisme Points-Cœur, en fin de compte celui de l’évangile incarné, dans les instants les plus ordinaires de la journée. Dieu tisse son histoire d’amour avec chacun de nous à travers les évènements qui se succèdent, bons ou mauvais. A moi de les accueillir, avec les yeux de la foi… « Pour ceux qui aiment Dieu, tout concourt à leur bien », dit saint Paul, inspiré (Romains 8, 28). (…)

Maintenant je continue mes études, je garde un souvenir incroyable de cette année au Pérou, et je crois de tout cœur qu’elle sera une lumière pour toute ma vie !

Merci mon Dieu, merci Points-Cœur, merci Pérou, merci mes amis, merci mes parrains !

Guillaume — Pérou