En face de la maison du Point-Cœur, vit Mauro avec sa femme Carol et leurs deux enfants, Juan et Angel. La maman de Mauro, Dona Juana, âgée de quatre-vingt ans a un caractère tenace. Sa boutique est la seule dans le quartier qui vend de l’alcool et des cigarettes. Son fils, Mauro est alcoolique, mais elle ne pense même pas à cesser de vendre cette substance mortelle pour son fils. Lorsque Mauro est ivre, Dona Juana ne lui permet pas d’entrer dans la maison, alors il frappe à la porte de notre Point- Cœur, demandant la possibilité de passer la nuit dans la cour devant la maison (car rue est trop dangereuse). Les visites de Mauro causent toujours des troubles dans mon cœur. Il me semble que lorsque nous le laissons dormir à la maison, nous ne l’aidons pas à se libérer de l’alcoolisme et je me sens mal. Mais quand je pense que si nous refusons de l’accueillir, je me sentirais coupable qu’il ait à passer la nuit dehors. Je craindrais que quelque chose lui arrive. Face à ce combat de raisons diverses, l’Évangile peut sembler si simple : nourrir les affamés, accueillir l’étranger. Dieu ne pose aucune question. Il ne tient pas compte des possibilités qu’il a déjà données à l’homme. Il ne donne pas la miséricorde seulement quand il y a une chance de progrès. (…)

La simplicité du cœur de Mauro me ravit. Il vient à nous pour demander de l’aide, étant dans l’état le plus honteux. Il sait qu’il ne sera pas blâmé ici. Une fois, il m’a dit que seulement au Point-Cœur, il a des amis qui le connaissent et ne le rejettent pas. Je pense que notre ami Mauro vient chercher non seulement un hébergement, mais un regard plein de miséricorde, de foi divine dans son humanité et sa dignité… Quand il reste chez nous pour la nuit, après le réveil, il se lave toujours le visage et puis il s’en va à la chapelle. Il se met à genoux, baisse la tête et murmure : « Seigneur, prends pitié de moi »

Un des moments les plus beaux de ma mission fut un dîner où nous avons invité Mauro, Carol et leurs deux fils. Mauro est venu sobre, habillé de façon festive et rempli de fierté ! Sa dignité habituellement blessée, ce jour-là, brillait avec la joie d’avoir sa femme, ses fils et de l’amitié qui nous unit.

Nina — Honduras