Je m’appelle P., j’ai 25 ans et je connais le point cœur de Roumanie depuis 5 ans. J’étais en Roumanie en 2011 chez Francine, une amie de l’association. J’ai passé 8 mois chez elle. J’étais volontaire dans l’association Casa de copii à Baia de Cris et j’allais régulièrement chez les filles de point cœur. C’est comme ça que petit à petit l’amitié à commencer.

Pendant ce temps là, j’étais plein de questions, de doutes, de soif d’absolue, de désir de rencontre, de compréhension de l’Autre et de moi-même. Point cœur c’était à ce moment un changement de regard sur le monde et les hommes. Sur Dieu aussi, lui que je connais si mal. Dans mon volontariat, j’avais une grande liberté d’entreprendre des relations, de me lier, de leurs donner la forme que je souhaitais. Je pense que ma rencontre avec point cœur m’a donné un regard sur ce que je vivais à Baia de Cris. Un regard simple, où l’amour est au centre, où l’amitié a du sens. Je me souviens avoir ressenti et m’être dit : « mais être ensemble suffit quand on arrive enfin à être présent aux autres et au monde ». Quel soulagement aussi de se dire qu’on a pas besoin de rendre de compte, de prouver, d’avoir des résultats, pour se sentir un peu à sa place.

Je me souviens d’une sorte de crise que j’avais eu. Je me disais : « Je pars le matin jouer avec des enfants, on fait 3 jeux, des scoubidous, on se raconte des trucs pas vraiment intéressants et voilà ». Où est le sens dans tout ça ? Qu’est ce que les enfants retirent ? Qu’est ce que j’en retire ? C’est bien après, quand la relation s’est créée que je me suis simplement sentit heureux. Les activités me sont apparu comme des support pour être avec, vivre ensemble, partager, se sentir vivant et plein. Je mélange facilement mon expérience de volontariat et ma rencontre avec point cœur parce qu’ils portent tout deux le même enseignement. Que l’amour, l’amitié, la relation juste est un travail et suffit. Ou, en tout cas, il me nourrit.

Aujourd’hui, je vis en Roumanie, pour une année, avec Marine, ma copine et Anouk, ma fille. Ma relation avec point cœur me fait toujours du bien. C’est à la fois un lieu de coupure, un peu refuge, l’endroit où j’ai envie d’être que les choses deviennent « trop ». C’est un lieu où l’activité, la pensée, les projections, s’arrêtent un peu. Quand j’y pense, j’essaye d’apprendre à être où je suis, à aimer ce qui s’y vit.

Mais c’est aussi un lieu de confrontation. Je fais des choix dans la vie et des habitudes s’installent, j’occulte, je tombe…. bref . A point cœur je suis aussi amené à regarder les choses de ma vie du point de vue de ce qui est juste. Ce regard sur le monde, point cœur me l’offre quand j’y passe et après. Aller vers ce qui est juste, vers une sorte de vérité humaine, pour moi, pour l’autre, est un travail de chaque jours. C’est profondément un travail que je souhaite vivre et que je tente de vivre. Dans le fond, c’est ce qu’on aime partager à point cœur. Un désir d’état d’être, d’absolue, une recherche de vérité. C’est au fond ce qui réunit tout les hommes et c’est ce qui rend point cœur universel.

J’aime ce point cœur de Roumanie, et ces filles qui l’habitent, ces liens créés, ces amitié qui évoluent avec le temps, ces rencontres, ces temps passés avec les enfants dans les quartiers. Ce point cœur, c’est un peu comme un bon copain, un ami proche qui ne change pas, que je suis sur de retrouver aussi beau que lorsque je l’ai laissé pour la dernière fois, parce qu’il est profondément attaché à ce qui est juste. Et ce qui est juste ne change pas.

Bisou au filles !

P.